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Mardi 28 février 2006
Malade
Perdue de la vie, inconsciente de ce qui se déroule autour de moi
Les paupières tombantes… le front chaud… envie de vomir… pour Alizé, il n’y avait pas de doutes elle était malade! Elle décida d’aller faire une sieste… elle se sentait si fatiguée! Ce fut le grincement de la porte d’entrée qui la réveilla. Elle regarda le réveil, posé à côté d’elle: 15 heures… ses parents travaillaient jusqu’à 16.30... Elle savait qu’elle devrait aller voir, après tout, dans sa ville, les cambriolages n’étaient pas rares! Mais la simple pensée de devoir sortir de son lit la découragea. Elle entendit des bruits de verre brisé en bas. Ensuite, elle se rendormit… où alors on l’avait endormie… elle ne s’en souvenait pas… Elle croyait avoir vu des hommes… habillés en noir… où en gris… Elle posa sa main sur son front: il était brûlant. Ca la rassura. Elle faisait sûrement en cauchemar. Un simple cauchemar, rien de plus! Où bien elle délirait! Dans tous les cas, elle était sûrement dans sa chambre, en sécurité.
Après s’être endormie, où avoir été endormie, elle se rappela d’un trajet très long, probablement en voiture à en juger le mouvement perpétuel du véhicule qui la transportait. Mais elle n’était pas inquiète: ce n’était qu’un rêve. Soudain, elle remarqua une vitre ouverte. Par laquelle, sans doute, elle pourrait s‘échapper. Quitter à délirer, autant réussir à se sauver! Elle retrouva le chemin de sa maison, bizarrement, sans savoir où ses pieds la menaient. Elle s’allongea dans son lit et s’endormit. A 16.30, ses parents arrivèrent. Leurs pas la réveillèrent. Ils se penchèrent vers son lit et lui chuchotèrent:
- Bien dormi?
Et à ce moment là, elle comprit qu’elle n’avait pas rêvé. Pourquoi? Comment? Elle n’en avait aucune idée.
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Banalité
Quand la réalité se transforme en cauchemar…
Une chambre. Simple, aux murs de couleur bleu, avec un lit, où se tient une jeune fille… Et un chat. Au dessus de ce lit, des étagères; croulant sous le poids de nombreux livres. Pourtant, un des livres manque. L’adolescente le tient entre les mains. Le chat y jette un coup d’œil distrait, et comme cela ne semble pas l’intéresser, il regarde l’armoire. Dans l’armoire, des vêtement. Des tonnes et des tonnes de vêtements! Une penderie habituelle d’adolescente à vrai dire! Sur l’étagère du bas de l’armoire, des magazines de toutes les sortes. On va de « Julie » à « Lolie » en passant par « Girls». Juste à côté de l’armoire, une fenêtre. Fenêtre vers laquelle, le chat tourne soudain le regard, remarquant un mouvement. Il miaule, mais la jeune fille ne remarque rien, absorbée par sa lecture. Le chat est fou d’inquiétude, il ne comprend pas ce qu’un homme, un masque sur la tête, fait à la fenêtre, en regardant une adolescente lire. Le chat miaula à nouveau.
- Quoi? Demande la jeune fille avec agacement.
Elle remarque soudain que quelqu’un se tient devant sa fenêtre. Fenêtre, qui, à cet instant précis, s’ouvre, ne laissant pas le temps à l’adolescente de crier. Le chat, lui, s’enfuit précipitamment.
Les murs bleus de la chambre à présent sont marqués de trace rouges, les livres déchirés, vandalisés, les vêtements tâchés par endroits, les magazines séparés de leur couverture…
Et la jeune fille n’est plus.
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Le loup gris
Il est perdu, sans personne à qui se raccrocher, sauf peut être, cette fourrure inconnue, qui malgré les crocs qui en dépassent, est peut être d’une douceur infinie…
L’enfant essuya du revers de la main une larme qui coulait, lentement, le long de sa joue. Il renifla. Il ne comprenait pas comment ça avait pu lui arriver. Il venait d’avoir été abandonné, dans un zoo, devant l’enclos où, allongé, le fixait un loup gris. L’enfant ignorait encore les capacités dont disposait l’animal, et ce fut sans criante qu’il passa sa main, sa petite main potelée, à travers les planches de bois pourri qui tenait lieu de porte, et la glissa dans la fourrure douce de l’animal. Celui ci poussa un faible grognement. A travers les poils chauds de la bête, l’enfant devinait les côtes saillantes, et il ne fit pour lui aucun doute que le loup mourrait de faim.
- T’as faim, hein? Murmura-t-il, plus pour lui même que pour le loup.
Pour toute réponse, le loup fit sortir de sa gorge un grondement sourd.
- Enlève ta main petit! Fais gaffe, ce loup gris est peut être vieux, mais il n’aurait pas de mal à t’arracher une main!
L’enfant lui lança un regard plein de dégoût. Comment cet homme pouvait il être aussi insensible face au désespoir de l’animal.
Dans un ultime geste de défi, l’enfant ouvrit à toute volée la porte de l’enclos, libérant ainsi le loup.
- Arrête! S’écria l’homme.
Il était trop tard. Le loup s’était déjà enfui.
- Crois moi, tes parents vont te passer un savon incroyable quand je leur aurai raconté!
Pour toute réponse, l’enfant lui rit au nez…
Par Marjolaine - Publié dans : marjodu973
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Mardi 28 février 2006
Détenus
Et eux, que pensent ils de leur demeure?
- Arrête maintenant…
Anastasie fixait un jeune homme brun qui ne bougeait pas, les yeux dans le vague, la joue encore rougie par la claque qu’il venait de recevoir.
- Arrêter quoi? Répondit il avec une brusquerie qui ne lui était pas coutumière.
- Tu me comprends très bien, soupira la jeune femme… arrête de jouer les martyrs… ce n’est qu’une claque!
- Une claque de trop… et en plus…
- En plus quoi?
- Non rien… laisse tomber.
La jeune femme se rapprocha un peu plus du garçon.
- Je sais que c’est dur…
Elle posa sa main fine et blanche sur l’épaule du jeune homme, qui la repoussa aussitôt. Il tourna les yeux vers elle, et la détailla de long en large. La jeune femme tressaillit.
- Quoi?
- J’aime pas ça… fais pas ta gentille maintenant.
- Pardon?
Le jeune homme la fusilla du regard.
- C’est ta faute si je suis dans ce pétrin. Ta faute si je me suis pris une claque. Ta faute si je suis ici… je déteste cet endroit.
- Il y a pire, prononça d’une voix tremblotante la femme.
- Pire? Je me suis pris une claque par LUI!
- Je sais…
- Et tu sais où nous sommes?
Anastasie contempla les barreaux qui les détenaient, elle et le jeune homme… c’est en secouant la tête qu’elle répondit, pleine de tristesse.
- En prison…
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Sur la rive de la mer des Orages, tout était calme. On entendait pas un bruit, à part de temps en temps, le feulement d’un mrrr furieux lorsqu’une pouic lui échappait. Un énorme spatchoune se dandinait, insouciant, laissant sur le sable la trace de ses ergots. Soudain, l’animal sentit quelque chose lui transpercer le dos. Avant même que la douleur ne soit parvenue à son cerveau, il s’écroula, mort, sous l’œil satisfait d’un homme vêtu d’une cape grise: un sangrave!
- Ce n’était qu’un spatchoune! Pas de quoi s’inquiéter! lança t-il.
D’autres sangraves arrivèrent devant lui, se déplaçant si rapidement que les sillons que leurs capes auraient dû laisser dans le sable n’étaient même pas visible.
- Si je peux me permettre, Maître, commença un sangrave…
- Il n’y a que moi qui décide de ce que vous pouvez vous permettre, sangraves. Et pour l’instant, je n’accorde la parole à aucun d’entre vous.
Les sangraves restèrent muets: quand Magister décidait quelque chose, ils se devaient de se plier à sa volonté.
- Chut! Écoutez! S’écria soudain le maître des sangraves.
Les hommes en gris tendirent aussitôt l’oreille. Au loin, semblant venir des profondeurs de la mer, une voix magnifique chantait. Les sangraves étaient tous ébahis, mis à part leur maître, Magister.
- Ca ne peut être qu’une balboune, déclara un sangrave.
- Bien sûr que non, imbécile! le détrompa Magister, c’est une voix humaine! Cette chanteuse extraordinaire est -j’en suis persuadé- une sortcelière… et je n’en connais qu’une capable de chanter aussi bien:
- L’impériale sortcelière, murmurèrent en chœur les sangraves.
- L’impériale sortcelière, en effet, sourit Magister, celle que nous cherchions. Laissons nous guider par son chant, et nous la trouverons!
- Mais, si nous suivons son chant, nous devrons traverser la mer! Une balboune pourrait nous engloutir!
- Nous prendrons un bateau… Silence! Ordonna-t-il, voyant la bouche de l’un de ses sujet s’ouvrir.
Il grimpa à bord d’une petite barque, attachée à un poteau par un simple nœud que le maître des sangraves détacha sans difficultés. Trois sangraves embarquèrent avec lui, les autres restaient pour surveiller que leur cible ne passerait pas par cet endroit.
Mais les sangraves n’eurent pas à naviguer bien longtemps.
La chant cessa.
Son auteur, une balboune rouge bordeaux, surgit de l’eau claire, et avala les sangraves.
Encore à présent, les autres hommes en gris, sur la plage de la mer des Orages, attendent leur maître…
Par Marjolaine - Publié dans : Textes
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