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Mardi 28 février 2006
Quand elle arrive
Ombre décharnée, silencieuse et froide
Allongé dans son hamac, Mike pensait. Il pensait à la vie, à la mort, aux heureux évènements qu’il avait accompli, où auxquels il avait assisté. Il pensait à ses filles et fils, et à sa femme, aujourd’hui décédée, le laissant sombrer dans un gouffre de tristesse et de veuvage. Il se souvenait de la nuit, où, voulant la prendre dans ses bras, il l’avait trouvée toute raide et froide. Il se souvenait de la frayeur qu’il avait eu quand il avait constaté que ses yeux étaient fermés, et ne se rouvraient jamais. Il se souvenait aussi du froid mordant qui s’était emparé de sa personne, accompagné d’une odeur de pourriture et de déchets… il savait que la mort l’attendait lui aussi, au coin d’une rue, serrant sa faux dans ses mains décharnées. Mais pour l’instant, elle ne s’était pas encore présentée à lui, bien qu’il la cherchât afin de passer dans l’au delà, de retrouver la femme qu’il avait tant aimé. Mais il commençait à décider d’abandonner la partie, d’attendre que la mort finisse par vouloir de lui, et de profiter pleinement des quelques jours, mois, peut être même années qu’il lui restait…
Quand soudain, la mort frappa.
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Cher journal
Paisible
Ce matin, j’ai tiré les rideaux, pour laisser le soleil pénétrer dans ma chambre. J’ai regardé le ciel, dehors… tout était si calme, si paisible… je me sentais bien, laissant la lumière traverser mon pyjama de flanelle, me chauffant agréablement le corps… Mon réveil indiquait dix heures. Je m’étais levée bien tard! Je n’aurai plus beaucoup de temps pour occuper convenablement ma matinée… j’aurai pu profiter de quelques heures pour écrire, pour lire, peut être même pour appeler des amis, où me connecter sur msn messenger. Plutôt que dormir… bref, ça ne servirait à rien de me lamenter. J’ai donc quitté ma tenue de nuit pour l’échanger avec un jean et un tee-shirt. Je suis descendue prendre mon petit déjeuner, en caressant une seconde la tête de mon chat… Le tic tac de l’horloge me plongeait dans un ravissement incongru. Tout en avalant mon bol de céréales, je me suis emparée de mon stylo pour écrire un petit peu dans ce cahier que je remplis depuis des jours et des jours, des mois et des mois, des années et des années: mon journal! Journal où, en temps normal, je ne parle que de problèmes d’adolescente, d’histoire d’amour et d’amitié… et pour la première fois, je change de sujet, exprimant ainsi mon état actuel:
Pour la première fois, je suis dans un état de paix.
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Ron-ron
En souvenir de mon chat qui me manque…
L’avion décolla. Moi, assise sur mon siège, je ne bougeais pas. Je sentis une larme rouler sur ma joue à la pensée que j’allais devoir t’abandonner, du moins pour quelque mois… c’était mieux pour toi. Tu risquerais de souffrir ici, avec moi. Bien sûr, tu me manques, mais j’ai toujours les souvenirs de toi, avec moi, partout où je vais… le souvenir matériel, la photo de toi où, installée sur une chaise, tu me fixe de tes yeux magnifiques: les plus beaux du monde… sur ton pelage gris clair et blanc propre, une tâche de peinture me rappelle des vieux souvenirs. Et puis, il y a les souvenirs que je ne peux pas oublier, nos câlins, nos jeux, notre amour… mais je pars… je reviendrai bientôt… j’aimerais tant te le faire comprendre! Que la pensée de mon retour t’aide à supporter un instant de solitude…
L’avion se pose. Huit heures se sont écoulées. Je suis arrivée. Je tourne la clef de ma maison, je me dirige vers le téléphone, écoute mon répondeur. Un seul message. Qui date d’il y a seulement deux heures. Mon frère.
«  Je suis désolé, Marjo, c’est à propos de ton chat… Il a voulu te suivre, et… tu le connais… il s’est perdu. On l’a cherché on ne l’a pas retrouvé… et puis, il ne sort jamais, et la seule fois où il s’est aventuré sur la route, il avait eu un accident… je ne sais pas ce qui lui est arrivé… je suis vraiment désolé… ».
J’ai raccroché… depuis, je ne t’ai jamais revu… mais je continue d’espérer qu’un jour, tu reviendras à la maison, qu’on se reverra, et surtout, surtout, que tu continues à penser à moi.
Je t’aime…
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Corrida
Cette après midi, en cours d’espagnol, notre prof nous a parlé de la corrida: j’ai trouvé ça immonde de faire subir à des taureaux des traitements douloureux, j’en ai fait un fulgure.
Il se tenait, le fier animal
La tête haute le buste droit,
Décidé à gagner, prêt à tout pour l’emporter
Quand l’homme en cuir arriva,
Un sourire jusque là,
Agite une cape rouge dorée, et
Pauvre de lui! En un instant, sa vie fut finie!
Transpercé par la corne de l’animal,
Il laissa échapper un long râle
Le taureau fut ravi:
Il pensait qu’il avait réussi
Mais les harpons fichés dans la peau,
Il se revit petit veau,
Et sans réagir,
Il se sentit partir
Une belle boucherie avez vous dit?
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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Mardi 28 février 2006
Une folle envie
Quand nos rêves s’envolent
- Dégage, gamine! Enlève tes sales doigts de la vitrine.
Sagement, la petite obéit, et s’assit sur un banc, d’où elle pourrait admirer tout à son loisir ce bijou qui lui faisait tant envie!
Posé sur un coussin de soie noire, son or resplendissait, émerveillant ainsi la petite fille. Ses yeux s’écarquillaient chaque fois qu’un rayon du soleil osait caresser le bijou, qui se mettait alors à diffuser des éclats autour de lui. Elle était déprimée à l’idée qu’elle ne pourrait jamais se payer telle merveille. Elle n’avait pas demandé le prix, mais elle était persuadée que ça dépassait les mille €… au moins!
- Pardon…
Elle s’écarta un petit peu pour libérer le passage à un ouvrier, une échelle à la main, qui faisait des réparations sur le toit de la bijouterie… L’enfant se décida à rentrer voir toutes les joailleries, parsemées de ci de là, sur des coussins ou sur du verre. Intérieurement, elle se fit la promesse qu’elle marcherait sur les pas de la prochaine personne qui rentrerait. D’ailleurs, où donc allait cet homme pressé? Avec déception, la fillette le vit rentrer dans la banque. Elle continua a observer les passants. Une femme très grosse et bien habillée attira son attention. En se dandinant, elle poussa la porte de la bijouterie. La petite fille se précipita, et passa la porte coulissante avant qu’elle ne se ferme. Elle se dirigea directement vers le collier. D’une oreille distraite, elle écouta la grosse dame parler au joaillier.
- Le bijou que je vous ai demandé est il prêt?
Elle avait un horrible accent irlandais qui fit tressaillir la gamine.
- Je vous l’amène tout de suite.
Le bijoutier écarta sans ménagement la petite de son passage, s’empara du collier d’or, et le passa autour du cou fort épais de sa cliente…
Et la petite fondit en larmes…
Par Marjolaine - Publié dans : Fulgures
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