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Fulgures

Mardi 28 février 2006
Détenus
Et eux, que pensent ils de leur demeure?
- Arrête maintenant…
Anastasie fixait un jeune homme brun qui ne bougeait pas, les yeux dans le vague, la joue encore rougie par la claque qu’il venait de recevoir.
- Arrêter quoi? Répondit il avec une brusquerie qui ne lui était pas coutumière.
- Tu me comprends très bien, soupira la jeune femme… arrête de jouer les martyrs… ce n’est qu’une claque!
- Une claque de trop… et en plus…
- En plus quoi?
- Non rien… laisse tomber.
La jeune femme se rapprocha un peu plus du garçon.
- Je sais que c’est dur…
Elle posa sa main fine et blanche sur l’épaule du jeune homme, qui la repoussa aussitôt. Il tourna les yeux vers elle, et la détailla de long en large. La jeune femme tressaillit.
- Quoi?
- J’aime pas ça… fais pas ta gentille maintenant.
- Pardon?
Le jeune homme la fusilla du regard.
- C’est ta faute si je suis dans ce pétrin. Ta faute si je me suis pris une claque. Ta faute si je suis ici… je déteste cet endroit.
- Il y a pire, prononça d’une voix tremblotante la femme.
- Pire? Je me suis pris une claque par LUI!
- Je sais…
- Et tu sais où nous sommes?
Anastasie contempla les barreaux qui les détenaient, elle et le jeune homme… c’est en secouant la tête qu’elle répondit, pleine de tristesse.
- En prison…
Par Marjolaine
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Mardi 28 février 2006
Banalité
Quand la réalité se transforme en cauchemar…
Une chambre. Simple, aux murs de couleur bleu, avec un lit, où se tient une jeune fille… Et un chat. Au dessus de ce lit, des étagères; croulant sous le poids de nombreux livres. Pourtant, un des livres manque. L’adolescente le tient entre les mains. Le chat y jette un coup d’œil distrait, et comme cela ne semble pas l’intéresser, il regarde l’armoire. Dans l’armoire, des vêtement. Des tonnes et des tonnes de vêtements! Une penderie habituelle d’adolescente à vrai dire! Sur l’étagère du bas de l’armoire, des magazines de toutes les sortes. On va de « Julie » à « Lolie » en passant par « Girls». Juste à côté de l’armoire, une fenêtre. Fenêtre vers laquelle, le chat tourne soudain le regard, remarquant un mouvement. Il miaule, mais la jeune fille ne remarque rien, absorbée par sa lecture. Le chat est fou d’inquiétude, il ne comprend pas ce qu’un homme, un masque sur la tête, fait à la fenêtre, en regardant une adolescente lire. Le chat miaula à nouveau.
- Quoi? Demande la jeune fille avec agacement.
Elle remarque soudain que quelqu’un se tient devant sa fenêtre. Fenêtre, qui, à cet instant précis, s’ouvre, ne laissant pas le temps à l’adolescente de crier. Le chat, lui, s’enfuit précipitamment.
Les murs bleus de la chambre à présent sont marqués de trace rouges, les livres déchirés, vandalisés, les vêtements tâchés par endroits, les magazines séparés de leur couverture…
Et la jeune fille n’est plus.
Par Marjolaine
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Mardi 28 février 2006
Malade
Perdue de la vie, inconsciente de ce qui se déroule autour de moi
Les paupières tombantes… le front chaud… envie de vomir… pour Alizé, il n’y avait pas de doutes elle était malade! Elle décida d’aller faire une sieste… elle se sentait si fatiguée! Ce fut le grincement de la porte d’entrée qui la réveilla. Elle regarda le réveil, posé à côté d’elle: 15 heures… ses parents travaillaient jusqu’à 16.30... Elle savait qu’elle devrait aller voir, après tout, dans sa ville, les cambriolages n’étaient pas rares! Mais la simple pensée de devoir sortir de son lit la découragea. Elle entendit des bruits de verre brisé en bas. Ensuite, elle se rendormit… où alors on l’avait endormie… elle ne s’en souvenait pas… Elle croyait avoir vu des hommes… habillés en noir… où en gris… Elle posa sa main sur son front: il était brûlant. Ca la rassura. Elle faisait sûrement en cauchemar. Un simple cauchemar, rien de plus! Où bien elle délirait! Dans tous les cas, elle était sûrement dans sa chambre, en sécurité.
Après s’être endormie, où avoir été endormie, elle se rappela d’un trajet très long, probablement en voiture à en juger le mouvement perpétuel du véhicule qui la transportait. Mais elle n’était pas inquiète: ce n’était qu’un rêve. Soudain, elle remarqua une vitre ouverte. Par laquelle, sans doute, elle pourrait s‘échapper. Quitter à délirer, autant réussir à se sauver! Elle retrouva le chemin de sa maison, bizarrement, sans savoir où ses pieds la menaient. Elle s’allongea dans son lit et s’endormit. A 16.30, ses parents arrivèrent. Leurs pas la réveillèrent. Ils se penchèrent vers son lit et lui chuchotèrent:
- Bien dormi?
Et à ce moment là, elle comprit qu’elle n’avait pas rêvé. Pourquoi? Comment? Elle n’en avait aucune idée.
Par Marjolaine
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Mardi 28 février 2006
Une folle envie
Quand nos rêves s’envolent
- Dégage, gamine! Enlève tes sales doigts de la vitrine.
Sagement, la petite obéit, et s’assit sur un banc, d’où elle pourrait admirer tout à son loisir ce bijou qui lui faisait tant envie!
Posé sur un coussin de soie noire, son or resplendissait, émerveillant ainsi la petite fille. Ses yeux s’écarquillaient chaque fois qu’un rayon du soleil osait caresser le bijou, qui se mettait alors à diffuser des éclats autour de lui. Elle était déprimée à l’idée qu’elle ne pourrait jamais se payer telle merveille. Elle n’avait pas demandé le prix, mais elle était persuadée que ça dépassait les mille €… au moins!
- Pardon…
Elle s’écarta un petit peu pour libérer le passage à un ouvrier, une échelle à la main, qui faisait des réparations sur le toit de la bijouterie… L’enfant se décida à rentrer voir toutes les joailleries, parsemées de ci de là, sur des coussins ou sur du verre. Intérieurement, elle se fit la promesse qu’elle marcherait sur les pas de la prochaine personne qui rentrerait. D’ailleurs, où donc allait cet homme pressé? Avec déception, la fillette le vit rentrer dans la banque. Elle continua a observer les passants. Une femme très grosse et bien habillée attira son attention. En se dandinant, elle poussa la porte de la bijouterie. La petite fille se précipita, et passa la porte coulissante avant qu’elle ne se ferme. Elle se dirigea directement vers le collier. D’une oreille distraite, elle écouta la grosse dame parler au joaillier.
- Le bijou que je vous ai demandé est il prêt?
Elle avait un horrible accent irlandais qui fit tressaillir la gamine.
- Je vous l’amène tout de suite.
Le bijoutier écarta sans ménagement la petite de son passage, s’empara du collier d’or, et le passa autour du cou fort épais de sa cliente…
Et la petite fondit en larmes…
Par Marjolaine
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Mardi 28 février 2006
Corrida
Cette après midi, en cours d’espagnol, notre prof nous a parlé de la corrida: j’ai trouvé ça immonde de faire subir à des taureaux des traitements douloureux, j’en ai fait un fulgure.
Il se tenait, le fier animal
La tête haute le buste droit,
Décidé à gagner, prêt à tout pour l’emporter
Quand l’homme en cuir arriva,
Un sourire jusque là,
Agite une cape rouge dorée, et
Pauvre de lui! En un instant, sa vie fut finie!
Transpercé par la corne de l’animal,
Il laissa échapper un long râle
Le taureau fut ravi:
Il pensait qu’il avait réussi
Mais les harpons fichés dans la peau,
Il se revit petit veau,
Et sans réagir,
Il se sentit partir
Une belle boucherie avez vous dit?
Par Marjolaine
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